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Le fairwashing

Avec des centaines d’animations prévues dans toute la France, la 15ème quinzaine  pour mieux faire connaître le commerce équitable arrive à point nommé pour aborder le fairwashing.

Le fairwashing est à l’imposture sociale ce qu’est le greenwashing à l’imposture écologique.

Le commerce équitable : piqûre de rappel

Le commerce équitable est un système d’échange veillant à assurer l’équité dans le commerce conventionnel. Ainsi, le commerce équitable agit comme un levier de développement et de réduction des inégalités notamment grâce à une juste gratification du producteur.

Quatre objectifs majeurs définissent le concept de commerce équitable :

  1. Valoriser le respect des droits de l’homme dans les échanges internationaux.
  2. Favoriser l’évolution des pratiques commerciales internationales pour privilégier un commerce équitable.
  3. Préserver l’environnement en faisant évoluer les modes de production pour les rendre écologiques.
  4. Encourager les modes de gouvernance démocratique afin d’avantager les décisions communes.

logos commerce équitable

L’exemple du café

Il convient de savoir que :

– des labels certifient de nombreux cafés issus de grandes exploitations, alors que dans son essence même, le commerce équitable est fait pour permettre aux petits producteurs d’exister sur le marché international,

– les sociétés labellisées Max Havelaar achètent leur café au prix du cours uniquement lorsque celui-ci est au delà du prix minimum garanti. Les labels « fairwash » ne font qu’offrir une petite prime par rapport au cours, aussi bas soit-il. (Entre 2002 et 2005, ces marques n’ont eu aucun scrupule à acheter leur café à un prix inférieur au coût de production !) En outre, il suffit que leurs produits ne contiennent qu’un faible pourcentage de ce café prétendu « durable » (de l’ordre de 30 à 50 %) !

– dans les conseils d’administration de ces labels, il n’est pas rare de rencontrer de hauts cadres des grands groupes du café.  Source

 

Ces grandes marques affichent donc des conditions éthiques (respect du droit des travailleurs, des droits sociaux…) à des fins purement marketing.

Que des entreprises n’aient pas une attitude exemplaire sur le respect des droits humains et de l’environnement, c’est déjà déplorable. Mais que ces entreprises se fassent passer pour plus vertueuses qu’elles ne sont afin de séduire le client, qu’elles vantent une attitude exemplaire qui n’est qu’une façade pour dissimuler une arrière-cour qui relègue les bonnes intentions aux oubliettes, c’est franchement révoltant. Source

Leur démarche de communication s’appuie sur la confiance des consommateurs dans les labels éthiques. Les Français ont acheté pour près de 500 millions d’euros de produits issus du commerce équitable en 2014, ce qui représente une hausse de 16% par rapport à 2013, selon la plateforme du commerce équitable PFCE qui compile les chiffres du secteur.

«La finance éthique : le grand malentendu»

Dans ce petit ouvrage, La finance éthique: le grand malentendu, Gaëtan Mortier s’attaque à un autre de nos mythes contemporains: la finance éthique.

Le coeur de son raisonnement est le suivant : si vous croyez contribuer au bien-être des salariés et de la planète en plaçant votre argent dans un fonds ISR (investissement socialement responsable), détrompez-vous. Les fonds ISR et les fonds traditionnels, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Il paraît même qu’un quart des fonds ISR ont une empreinte carbone supérieure aux fonds classiques. Source

Le chocolat équitable, un produit en voie de disparition ?

Déforestation, travail des enfants, paysans sous-payés : dans les pays où il est cultivé, le cacao n’est pas vraiment synonyme de progrès social. Pourtant, le marché du chocolat ne s’est jamais aussi bien porté. Et la pénurie de cacao menace. Les géants de l’industrie du chocolat tentent de réagir en annonçant vouloir se convertir au cacao « durable ». Plusieurs certificateurs de commerce équitable leur proposent un label sur-mesure. Au risque de renoncer à véritablement transformer une filière socialement injuste. Source

Ce qu’on nous promet d’« équitable », d’« éthique », de « bio », s’incarne dans les rapports annuels, les communiqués de presse et les publicités des adeptes de ces techniques.

Les consommateurs deviennent ainsi les cibles d’abondantes déclarations éthiques de Monoprix, du travail philantropique autoproclamé de Quicksilver, des garanties « commerce équitable » de Starbucks, des gages de responsabilité sociale de Samsung, et ainsi de suite. Source

Peut-on encore faire confiance au commerce équitable ?

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