Décroissance

Et le travail dans tout ça ?

Dans une société où il faudrait travailler plus pour gagner plus, plus, plus, toujours plus, j’ai décidé de travailler moins, mieux, de ne plus travailler du tout, c’était fin 2009.

Un passage à l’acte  pour un retour à l’essentiel…

Travailler moins pour vivre mieux

« Travailler plus pour gagner plus » est un slogan à la mode. Mieux encore, travailler est LA valeur primordiale de la société. On nous l’inculque depuis la naissance comme l’aboutissement de notre existence. Et pourtant, quand prenons nous la peine de vivre ? Faut-il perdre sa vie à la gagner ? Nous n’avons pas vraiment le choix, mais tentons de comprendre en quoi le système nous force à rester dans ce schéma aliénant et voyons les pistes pour nous sauver de cet enfer. »

 

Les downshifters (ou « désengagés »)

L’expression existe aux États-Unis depuis 1986. Ils veulent ralentir dans tous les domaines, mais surtout dans le travail.

Théoriquement, tout le monde peut prendre un nouveau départ ou réduire ses heures de travail. En réalité, les gens n’en ont souvent pas les moyens. Lorsqu’on a une famille à nourrir, c’est une décision difficile à prendre car elle a de lourdes conséquences sur l’entourage.
Bon nombre de ceux qui franchissent le pas préfèrent aussi ne pas en parler. « J’ai toujours l’impression que l’on se moque de ceux qui ne courent pas après la réussite, confie Bäcker. Le concept de downshifter est associé à une mentalité de perdant. Les gens vous demandent si vous n’avez rien envie d’accomplir dans votre vie. »

Après avoir était femme de ménage, plongeuse, comptable, secrétaire, stagiaire de la formation professionnelle, animatrice, je ne recherche pas le moindre job.

Je ne suis pas non plus une feignante complète puisque je me lève le matin, que j’ai des projets personnels et qu’il m’arrive même d’en mener certains à terme. Je suis à l’initiative de la création de deux associations, l’une où je proposais des ateliers Arts Plastiques dans la rue et l’autre, un service de prêt et de jeu sur place (ludothèque).

Je ne suis pas davantage une rentière de haut vol, il n’y a pas grand chose sur mon compte. Je non-travaille, simplement. Et je ne suis pas la seule.

J’ai fait ce choix. Je n’ai pas pris cette décision sur un coup de tête ni par dégoût de mon dernier métier d’animatrice, mais pour adopter un autre mode de vie, me consacrer à d’autres activités parfois plus prenantes : élever mes enfants, vivre autrement, hors du système. Et je ne suis pas la seule.

Comment faire pour le quotidien ?

J’ai réduit mes dépenses, vivant d’allocations diverses et j’en suis satisfaite. J’en ai gagné en qualité de vie, en cohérence avec moi-même.

« L’inactivité (ou le gain de temps libre humain) est une conséquence naturelle de la modernité, autant qu’une avancée sociale. » Source

Souvent vivre d’allocations est signe de honte, on le pense fait pour les fainéant-e-s et les profiteurs-ses, je ne pense pas que cela soit aussi simple. Ce que je sais c’est qu’il me permet de vivre comme je l’entends, d’être libre de mes mouvements et de mon temps. Je trouve cela essentiel.

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Keith Haring et le mouvement « figuration libre »

 

Ce que je voudrais surtout dire, c’est qu’il y a de multiples voies pour devenir une personne complète. Pour moi le travail (dans le sens « labeur », entendez-moi bien) n’est simplement pas envisageable. Il y a d’autres alternatives, des manières différentes de consommer et de vivre. Ce n’est pas un choix facile mais il est possible.

 

partir pour la décroissance

 

Je n’ai pas la prétention d’avoir tout compris. Par les disponibilités qu’il libère, le non travail me permet un engagement militant mais surtout, je me positionne en tant qu’être à part entière de ce monde cherchant à y apporter les solutions  étant à ma portée. Ce que j’ai compris, c’est que croître infiniment dans un monde fini est tout bonnement et simplement absurde.

 

Arrêtez votre cinéma. Lâchez-nous avec la valeur travail !

Diana Filippova « travaille » pour la communauté collaborative OuiShare. Fatiguée, comme beaucoup, de la morale travailliste incessante, qui n’est pourtant plus en phase avec l’état des technologies et la réalité de l’activité, elle vient à s’exprimer sur la valeur travail dans une lettre ouverte aux élus, dirigeants, syndicats, philosophes, économistes et les autres – Source

 

Séquence extraite du film « Attention Danger Travail » de Pierre Carles – Musique de Dupaint (Titre : Feniant)

 

Et si on imaginait la fin de l’emploi ?

Il faut questionner la notion de travail pour sortir d’une vision productiviste de la vie, qui sert surtout les tenants d’un système profondément inégalitaire. S’échapper de la « sacro-sainte croissance », « décoloniser nos imaginaires travaillistes afin de remettre l’économie et une vision comptable de la vie à leur place et sortir de la centralité de la valeur travail ! » – Vincent Liegey – www.reporterre.net

Pourquoi le Revenu De Base est plus efficace que la croissance ?

Notre système est basé sur la croissance. Dans tous les discours, économiques et politiques, le problème c’est le manque de croissance. Nos mécanismes économiques ne sont plus efficaces, pourquoi ? Comment faire pour continuer d’évoluer ? guillaumedeloison.wordpress.com

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7 thoughts on “Et le travail dans tout ça ?”

  1. ohlalaa, ce que j’aimerai avoir le courage de faire ca !
    Car oui, ca demande du courage. Celui de n’etre pas paralysée par la peur des lendemains difficiles, et la peur d’etre jugée par l’entourage.
    Par contre, j’ai toujours dit (et rien que ça, ca choque autour de moi) que si un jour je me retrouve au chomage, on sait jamais, si mon entreprise licencie pour plan social … il est hors de question que je cherche du taf dans les 1er mois. J’attendrais d’avoir épuisé mes allocations chomage…

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai longuement hésité à le publier cet article. Au final, je l’ai fait parce que l’on m’a demandé à plusieurs reprises « Mais comment on-fait ? » « Et alors, tu vis bien ? »… C’est pour ce partage et leur ouverture d’esprit que j’ai osé.
    La peur des lendemains difficiles, pour moi, est fabriquée de toutes pièces. Penser à vivre autrement te questionne et t’amène à faire appel à ce que tu as dans les tripes, à te dépasser. II y a bien des périodes où cela semble moins évident et bien, tu patientes… Cela fini par s’arranger, pas forcément comme tu le souhaiterai ou l’avait pensé, mais ça arrive. Laissons le temps au temps.
    Et mon entourage n’en sait rien puisqu’il n’en est plus.
    Je vois du courage lorsque tu dis que tu ne chercherais pas d’autre travail, en tout cas tout de suite, après une éventuelle perte d’emploi. C’est une graine que tu as semé et qui pourra pousser si nécessaire. 😉

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  3. Je suis dans ton cas… enfin pas tout à fait parce que j’aimerais retravailler… mais pas pour les raisons que l’on croit, pas par besoin de se sentir considéré, ni par besoin d’argent, juste parce que je bossais dans la recherche scientifique, que c’est une vraie passion et que je ne peux malheureusement pas l’assouvir chez moi :-/
    Sinon je me retrouve dans beaucoup de tes écrits. Nous avons choisi de venir vivre dans le finistère par goût pour la région, nous essayons de sortir de la logique consumériste qui n’apporte que frustrations, nous n’avons plus qu’un revenu (heureusement mon mari gagne bien sa vie en travaillant à distance) nous retapons une vieille maison, nous rêvons d’autonomie partielle d’ici quelques années… alors oui, de par nos choix nous nous plaçons en marge de la société… je n’avais jamais été aussi heureuse et aussi zen de toute ma vie !

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  4. Bonjour,
    je trouve votre blog très intéressant et il est bon de remettre en question les « valeurs » pronées afin de moins subir et plus vivre en conscience.

    Cependant, une chose m’interpelle : vous dites ne pas ressentir de honte concernant le fait de vivre d’allocations.
    Je suis contente que vous vous sentiez bien vis a vis de cela.

    Cependant, que ressentez-vous vis à vis du fait que vos allocations dépendent au moins en partie du travail d’autres personnes ?

    Ce n’est pas un reproche et mes propos ne sont teintés que de curiosité et de bienveillance. Néanmoins ce point m’intéresse.

    Excellente journée à vous et au plaisir de vous lire.

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  5. Bonsoir Je pense que pour toucher des allocations il faut des cotisations qui constituent ces allocations et elles ne tombent pas du ciel donc il faut des cotisants. Je me rappelle en son temps en regardant sur ma fiche de salaire voir les diverses cotisations prélevées côté salarié et côté patron, donc aujourd’hui je reçois une pension de retraite constituée par mes cotisations sur mon travail salarié. Je suis une personne qui a une conscience sur la solidarité et ne suis pas une consommatrice tout azimut, économe et attentive à la planète. Je sais aussi qu’il y a beaucoup de gâchis et ce au plus au niveau de nos édiles !!!!! Bonne continuation

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  6. Je ne mettais pas en doute votre sens de la solidarité et j’ai bien compris que vous avez une consommation raisonnée, toute en bienveillance à l’égard de notre planete. Mais vous semblez avoir été piquée au vif, de ma question… dommage.

    je pense (ce n’est que mon opinion), qu’il peut être salutaire de ralentir son ryhtme de travail, voire d’arréter completement, à condition de ne dépendre de personne d’autre que soi-même. D’où ma question.

    belle journée à vous

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